• Regard dépassionné sur le CETA

    CETA_2014.pngNous n’avions pas prévu d’évoquer les élections américaines alors que nous souhaitions proposer une analyse à froid du psychodrame « Ceta ». L’actualité en a décidé autrement. Mais le détour sera bref. Etrangement, la colère d’une partie de l’électorat états-unien fait comme un écho à la surdité mutuelle des acteurs de l’imbroglio libre-échangiste.

    Car, par une de ces pirouettes dont l’histoire a le secret, le TTIP, l’accord de libre-échange en gestation entre l’Union européenne et les Etats-Unis, que les détracteurs du Ceta brandissaient à corps et à cri pour appuyer leurs inquiétudes, risque très fort de rester au frigo pour les quatre prochaines années. Notre propos n’est ni de nous en réjouir, ni de nous en attrister, simplement de porter sur ces événements un regard dépassionné.

    La grille de lecture sera la suivante. Et tant pis si nous sommes un peu trop schématiques. D’habitude, en politique, nous entendons des gens qui voudraient plus d’Etat. C’est la gauche. Son modèle de gouvernance est souvent étatique, du haut vers le bas. En face, il y a ceux qui pensent que le marché peut résoudre tous les problèmes des citoyens, c’est la droite, plus ou moins dirigiste. Entre les deux, il faut aussi compter avec des citoyens, regroupés parfois en organisations, que l’on appelle la société civile. Ils défendent souvent un surcroît d’autonomie, une forme d’initiative qui n’appartient ni à l’Etat, ni aux marchés. Et il faut bien reconnaître que dans toutes sortes de situations ce type d’action peut aussi résoudre certains problèmes de société.  

    Dans le cadre du Ceta, la Commission européenne tient un double rôle, très ambivalent. Elle fait office tout à la fois d’Etat et de partisan du marché. Elle incarne simultanément la droite et la gauche. La droite parce qu’elle souhaite promouvoir les marchés, le néolibéralisme. Et la gauche parce que, quoi qu’on en dise, le modèle de gouvernance intrinsèque des institutions européennes consiste à proposer une harmonisation, par le haut, de la façon dont nous vivons, produisons et consommons. Bref, en l’occurrence, la Commission européenne incarne la majorité des défauts de la droite comme de la gauche.  

    En face, nous avons une société civile qui, en Belgique francophone, concernant le Ceta, a fait montre d’un degré d’organisation et de ténacité sans précédent. Et comme la Belgique francophone a son contexte politique bien déterminé, un gouvernement fédéral de droite et des gouvernements régionaux, les opposants au Ceta ont fait feu de toutes parts et se sont enfoncés dans la brèche à brides abattues.

    Dans cette histoire, il est surtout question d’institutions européennes foncièrement incapables de communiquer sur l’objet de ce qu’elles négocient et d’un chef de gouvernement wallon qui a réussi un « coup de com’ ». Les citoyens, eux, sont de la revue, et il faut bien dire que les grands médias ne les ont pas spécialement aidés à comprendre les tenants et les aboutissants de ce dossier.

    VERKAEREN André nb 11.2016.jpgAndré VERKAEREN

     

     

     

     

     

     

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    Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous invitons à lire le second article d’André VERKAEREN (PROXIMITÉ) dans lequel il dénonce l’incapacité criante de la Commission européenne de communiquer dans la transparence sur les objectifs du CETA. En effet, cet abandon de souveraineté doit être contrebalancé par un devoir d’information. D’autant plus que la commune de Rixensart accueille GSK et que le CETA constitue une avancée majeure en matière de propriété intellectuelle, notamment dans le domaine pharmaceutique.

    La négociation de ce traité de libre-échange met également a nu la volonté de certains acteurs politiques de tirer à eux la couverture médiatique, quitte à jouer sur les peurs les plus profondes de nos concitoyens.

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